Notre pain quotidien

Le film s’ouvre par un long travelling où l’on voit un homme nettoyer un espace de travail. Aucune musique, aucun commentaire, rien, juste l’attention portée sur cet homme et ses gestes méthodiques pour passer au jet d’eau un énorme hangar. On ne comprend pas très bien où cela se passe, ni ce qui se passe. Et puis on finit par comprendre qu’il nettoie un abattoir, un gigantesque abattoir. L’effet d’échelle frappe d’un coup, la démesure de la structure apparaît dans toute sa force.

Le sujet : l’industrie agro-alimentaire en Europe, des champs d’oliviers d’Andalousie aux mines de sel d’Allemagne en passant par les cultures sous serres de Hollande. Un tour de l’Union Européenne des grandes productions alimentaires, animales, végétales et minérales. Tout le documentaire est bâti sur le principe de plans fixes, très longs, sans aucune musique ni aucun commentaire surajouté. On est donc obligé de tirer les informations à partir de ce que l’on voit et entend. Les plans-séquences durent parfois longtemps. D’une façon générale, le temps est dilaté, allongé, ce qui s’avère assez déstabilisant parfois. Mais en fait, le montage révèle un véritable discours, renforcé par des effets de symétrie indirecte d’un plan à un autre, par lesquels le réalisateur fait ressortir les lignes de force de son travail. Et puis, à intervalles réguliers, on voit aussi les travailleurs manger. Or, la plupart du temps, les pauvres sandwiches qu’ils ingurgitent à la va-vite disent bien que le « bien-manger » n’est en fait la préoccupation de personne.

Au fur et à mesure que les séquences s’enchaînent, notre regard s’aiguise pour mieux décrypter des images souvent énigmatiques tant ce qu’elles montrent est technique. On finit par deviner les machines à éviscérer les porcs, les trieuses à poulets ou encore les cultures de poivrons à partir de boîtes en carton. Parfois, les machines aperçues n’indiquent rien, et c’est seulement lorsqu’on les voit en action que l’on comprend, de façon presque hallucinatoire tant la surprise peut être brutale.

Source : www.cafe-geo.net

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~ par ParadoxRabbit sur mai 4, 2009.

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